Tout le monde sait ce qu'est, a dans son entourage, ou est soi-même, une FAP.
Mais qu'est-ce qu'une FAP ? Mais une Fille à Pédé, pardi ! En effet, il semble qu'il soit écrit en lettres d'or dans le Code International de la Nana que son plus fidèle allié, sa bouée de secours, son ultime compagnon dans la joie, le bonheur et les soldes, serait le pédé.
Si le meilleur ami de l'homme est un labrador à robe sable ; celui de la femme est un gay à slim retroussé (ou bien AUSSI à robe sable, mais seulement si ce dernier travaille chez Michou).
Qui parmi nous n'a jamais entendu :
-"Ce qu'il y a de bien avec les amis gays, c'est qu'ils sont honnêtes avec toi quand tu fais du shopping."
-"Nan mais les seuls mecs à la fois beaux, gentils, et avec du goût, c'est les homos."
-"C'est décidé je me marie avec un pédé !"
-"MAIS POURQUOIII A CHAQUE FOIS ILS SONT PÉDÉS ?????
-"... T'es sûr que tu préfères les garçons ? Hein ? Sûr-sûr ???"
Bref. Depuis la nuit des temps, la fille lambda sait que pour continuer à avoir foi en le genre masculin, il lui faudra conserver toute sa vie au moins deux ou trois amis gays ; sans quoi elle finira méchante, vieille et mal épilée ; ou bien tout à la fois, c'est-à-dire bonne sœur.
Mais la réciproque est-elle vraie ?
Oui, la fille est-elle vraiment la meilleure amie du pédé ?
Je ne suis pas à même d'en juger ; mais une chose est sûre : pas au boulot.
Figurez-vous que depuis le monde merveilleux de la pédiatrie, j'ai eu le temps de passer par deux périodes de stage, me permettant de faire la découverte d'un monde mystérieux, interdit, confidentiel, inconnu et traumatisant ; et ce monde n'est autre que celui de...

... LA FEMME !!!!

... LA FEMME !!!!
Eh oui, eh ouiii ; j'ai été coup sur coup externe de gynéco, puis actuellement d'obstétrique.
Bref, ces derniers temps j'ai vu tellement de moules que j'ai plus l'impression de bosser chez Léon de Bruxelles que dans un hôpital.
Et je peux vous garantir qu'être un externe gay dans un service entièrement dédié à la femme ; c'est un peu comme un rendez-vous en terre inconnue.
En effet ; ces services ont leurs us et coutumes, leur folklore, leurs traditions.
Le petit externe découvre donc ce que c'est qu'un spéculum, un toucher vaginal, une échographie pelvienne, un frottis cervico-vaginal, un partogramme, un colposcope.
Et pour moi, le plus délicat, ce n'est pas nécessairement le maniement de l'outil en lui même, mais plutôt quand il s'agit de s'en servir avec une patiente.
C'est parfaitement idiot, mais, le spéculum, c'est bon, je sais comment ça s'utilise merci ; mais cela ne m'empêche pas, une fois entre les jambes de la dame, d'être invariablement saisi d'une angoisse...
Sorte de minute interminable pendant laquelle mes yeux cherchent désespérément un point de repère, un panneau indicateur, un indice, me disant : "eh oh vas-y c'est par là !".
En résumé mon rêve serait que ces lèvres là se mettent soudainement à m'articuler : "Bastoooche ! Je suis iciiii !" ; histoire que je m'y retrouve dans cette forêt vierge et autres écoulements en tous genres.
Bah oui, figurez-vous qu'il n'y en a pas deux qui se ressemblent, et puis c'est pas pour dire mais à l'hôpital c'est rarement de la fraîchement entretenue alors pour se repérer là-dedans c'est coton moi je vous le dis !
Du coup je suis persuadé que du point de vue de la patiente, voir ce p'tit gars vaguement circonspect avec son spéculum en main l'espace d'une fraction de seconde doit nécessairement générer une sorte de malaise intérieur. Surtout si elle note le soulagement intense que l'on doit pouvoir voir dans mon regard une fois que, oui, ayé, j'y suis. (ou bien elle doit penser que je suis un pervers, c'est selon)
Mais sachez que ce n'est pas là que j'ai pu expérimenter mon contact le plus rapproché avec la féminité. Non, non, non ; il y a eu bien pire.
Vous avez déjà vu une chirurgie mammaire ? Eh bien je ne vous la recommande pas !
Pour être honnête je pense n'avoir rien vu de plus gore. Non mais visez-moi un peu : on incise autour du mamelon, à partir de là on décolle la peau au ciseau (oui oui oui, avec des ciseaux) et ensuite on farfouine à la recherche de ce qui nous intéresse. Miam, miam.
Et le hic c'est qu'on ne trouve pas toujours du premier coup.
Du coup, un jour, ma chef, qui commençait à être un peu gavée, décrète soudain : "non mais c'est parce que je suis mal exposée, là. Forcément que je vois rien.... Donne ta main ! "
Et là, sous mes yeux stupéfaits, elle me saisit le poignet, fait traverser à mon bras tout le champ opératoire, pour planter d'un geste précis, sec, et décidé, ma main droite dans le sein.
Oui, dedans.
Bien au fond.
RRRRHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!
"_ça va pour toi ?
_ oui... chef, pas... de... souci..."
Verdict ? Froid. Grumeleux. Visqueux. Glissant.
Bon. Ce n'est pas le tout de voir du gore au boulot, comme partout il faut bien entendu faire avec les clichés.
Et comme tous les clichés, certains sont.... tout à fait exacts.
Mon premier accouchement, je l'ai vécu lors de ma première garde d'obstétrique. On va l'appeler Laurence, elle est toute gentille, petite voix, discrète, douce.
Une heure plus tard elle se faisait atomiser le périnée, normal, quoi.
Cette patiente est arrivée pour perte des eaux, on la monitore tout de suite, je me place sur le cas pour la suivre, bref ça suit son cours. Col à 5 cm... Col à 6... à 7... à 8.... et puis...
Ok, bon, on la transfère en salle de travail ; et là, c'est un monstre furieux qui émerge soudain de cette femme bien inoffensive au premier abord :
"_ Putaiiiiiin j'ai maaaaaal !!!! MASSEZ MOI LE DOS J'AI MAAAAAAAAL !!!! HHhhhiiiiiiinnnn !!!!!!!"
Et là je commets une erreur de débutant tandis que Monsieur-son-mari-et-engrosseur-responsable-de-ses-souffrances lui masse énergiquement le bas du dos : je me suis approché de sa tête pour la rassurer.
Soudain, elle se tourne vers moi, les yeux révulsés, conjonctives injectées, front ruisselant ; et me hurle dans les tympans :
HHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!
...et elle me plante les 10 ongles de ses 2 mains dans le bras droit jusqu'au sang.
HHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!
HHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!! (ça, c'était moi)
Le bon côté de ces deux stages à la suite ?
Eh bien, concrètement, je pense qu'en deux trimestres, j'aurai vu autant de chattes qu'un hétéro lambda dans toute sa vie ; ce qui au final fait de moi un être complet. Et c'est toujours bon sur un CV, d'être polyvalent.
Bref, ces derniers temps j'ai vu tellement de moules que j'ai plus l'impression de bosser chez Léon de Bruxelles que dans un hôpital.
Et je peux vous garantir qu'être un externe gay dans un service entièrement dédié à la femme ; c'est un peu comme un rendez-vous en terre inconnue.
En effet ; ces services ont leurs us et coutumes, leur folklore, leurs traditions.
Le petit externe découvre donc ce que c'est qu'un spéculum, un toucher vaginal, une échographie pelvienne, un frottis cervico-vaginal, un partogramme, un colposcope.
Et pour moi, le plus délicat, ce n'est pas nécessairement le maniement de l'outil en lui même, mais plutôt quand il s'agit de s'en servir avec une patiente.
C'est parfaitement idiot, mais, le spéculum, c'est bon, je sais comment ça s'utilise merci ; mais cela ne m'empêche pas, une fois entre les jambes de la dame, d'être invariablement saisi d'une angoisse...
...Et si je ne trouvais pas l'entrée ?
Eh bien oui, pour quelqu'un de si peu habitué que moi à l'anatomie féminine, il y a toujours une étape d'examen visuel fiévreux et quelque peu angoissé de la... zone ; avant d'y aller.Sorte de minute interminable pendant laquelle mes yeux cherchent désespérément un point de repère, un panneau indicateur, un indice, me disant : "eh oh vas-y c'est par là !".
En résumé mon rêve serait que ces lèvres là se mettent soudainement à m'articuler : "Bastoooche ! Je suis iciiii !" ; histoire que je m'y retrouve dans cette forêt vierge et autres écoulements en tous genres.
Bah oui, figurez-vous qu'il n'y en a pas deux qui se ressemblent, et puis c'est pas pour dire mais à l'hôpital c'est rarement de la fraîchement entretenue alors pour se repérer là-dedans c'est coton moi je vous le dis !
Du coup je suis persuadé que du point de vue de la patiente, voir ce p'tit gars vaguement circonspect avec son spéculum en main l'espace d'une fraction de seconde doit nécessairement générer une sorte de malaise intérieur. Surtout si elle note le soulagement intense que l'on doit pouvoir voir dans mon regard une fois que, oui, ayé, j'y suis. (ou bien elle doit penser que je suis un pervers, c'est selon)
Mais sachez que ce n'est pas là que j'ai pu expérimenter mon contact le plus rapproché avec la féminité. Non, non, non ; il y a eu bien pire.
Vous avez déjà vu une chirurgie mammaire ? Eh bien je ne vous la recommande pas !
Pour être honnête je pense n'avoir rien vu de plus gore. Non mais visez-moi un peu : on incise autour du mamelon, à partir de là on décolle la peau au ciseau (oui oui oui, avec des ciseaux) et ensuite on farfouine à la recherche de ce qui nous intéresse. Miam, miam.
Et le hic c'est qu'on ne trouve pas toujours du premier coup.
Du coup, un jour, ma chef, qui commençait à être un peu gavée, décrète soudain : "non mais c'est parce que je suis mal exposée, là. Forcément que je vois rien.... Donne ta main ! "
Et là, sous mes yeux stupéfaits, elle me saisit le poignet, fait traverser à mon bras tout le champ opératoire, pour planter d'un geste précis, sec, et décidé, ma main droite dans le sein.
Oui, dedans.
Bien au fond.
"Maintenant tu tiens comme ça !"
RRRRHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!
"_ça va pour toi ?
_ oui... chef, pas... de... souci..."
Verdict ? Froid. Grumeleux. Visqueux. Glissant.
...Glamour.
Bon. Ce n'est pas le tout de voir du gore au boulot, comme partout il faut bien entendu faire avec les clichés.
Et comme tous les clichés, certains sont.... tout à fait exacts.
Mon premier accouchement, je l'ai vécu lors de ma première garde d'obstétrique. On va l'appeler Laurence, elle est toute gentille, petite voix, discrète, douce.
Une heure plus tard elle se faisait atomiser le périnée, normal, quoi.
Cette patiente est arrivée pour perte des eaux, on la monitore tout de suite, je me place sur le cas pour la suivre, bref ça suit son cours. Col à 5 cm... Col à 6... à 7... à 8.... et puis...
"J'ai envie de pousseeeeeer !!!!!!"
Ok, bon, on la transfère en salle de travail ; et là, c'est un monstre furieux qui émerge soudain de cette femme bien inoffensive au premier abord :
"_ Putaiiiiiin j'ai maaaaaal !!!! MASSEZ MOI LE DOS J'AI MAAAAAAAAL !!!! HHhhhiiiiiiinnnn !!!!!!!"
Et là je commets une erreur de débutant tandis que Monsieur-son-mari-et-engrosseur-responsable-de-ses-souffrances lui masse énergiquement le bas du dos : je me suis approché de sa tête pour la rassurer.
Soudain, elle se tourne vers moi, les yeux révulsés, conjonctives injectées, front ruisselant ; et me hurle dans les tympans :
HHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!
...et elle me plante les 10 ongles de ses 2 mains dans le bras droit jusqu'au sang.
HHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!
HHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!! (ça, c'était moi)
Bon. Appuyons sur "pause" ; et faisons un arrêt sur image. En pareilles circonstances, je dois dire que je n'ai pas de réponse toute faite à apporter, surtout quand ces dernières semblent tout simplement sorties d'un mauvais film dont l'héroïne ferait l'expérience de la maternité dans toute sa splendeur. Et c'est donc là que sortit de ma bouche ce cliché magnifique : "euh... soufflez !" (tandis que je me contrôlais pour ne pas lui taper dessus avec mon marteau à réflexes pour lui faire lâcher prise, à cette connasse).
Voi-lààààààààààà.... Magnifique. De la réponse thérapeutique splendide s'il en est.
Voi-lààààààààààà.... Magnifique. De la réponse thérapeutique splendide s'il en est.
A vrai dire je crois bien que je n'ai jamais vu autant de souffrance, de douleur, et de rage dans une seule personne. Et honnêtement faut arrêter avec le miracle de la vie. C'est juste dégueulasse. Un nouveau-né c'est gris, ça colle, c'est recouvert d'un truc blanchâtre, ça fait que brailler ; t'as du liquide amniotique qui te remonte jusqu'au milieu du dos ; après ça faut expulser le placenta (espèce d'éponge rouge sanglante géante - immonde), et gérer ton mari qui sait pas quoi foutre de lui pendant que tu hurles à la mort ; mais qui te taxera ton bébé pour l'avoir dans les bras, une fois tout propre, emmailloté, tout ça (c'est à dire enfin décemment embrassable), pendant qu'on passera trois plombes à te recoudre le vagin et les grandes lèvres. Ah ça vend du rêve.
La sage-femme : "non mais franchement, une mère qui délivre son bébé, c'est toujours magique."
Ah ouais. Moi je vois plutôt un cachalot expulsant une crevette grise, mais ça doit être mon côté Saint-Malo qui parle.
La sage-femme : "non mais franchement, une mère qui délivre son bébé, c'est toujours magique."
Ah ouais. Moi je vois plutôt un cachalot expulsant une crevette grise, mais ça doit être mon côté Saint-Malo qui parle.
Le bon côté de ces deux stages à la suite ?
Eh bien, concrètement, je pense qu'en deux trimestres, j'aurai vu autant de chattes qu'un hétéro lambda dans toute sa vie ; ce qui au final fait de moi un être complet. Et c'est toujours bon sur un CV, d'être polyvalent.