Nurse Jackie, la seule infirmière toxicomane à laquelle on voudrait tous ressembler, un must, un modèle.
Eh oui parfois je suis comme la bien aimée Cher, si je disparais quelques semaines ce n'est que pour mieux réapparaître plus beau, plus jeune, et plus tendu que jamais.
Enfin, un peu plus que quelques semaines je vous le concède, puisque c'est avec effroi que je m'aperçois que depuis mon dernier article, j'ai eu le temps de :
- finir le stage de pédiatrie
- passer en période de révisions
- passer mes partiels
- changer de stage
- passer à nouveau en période de révisions
- passer encore des partiels
- ... et faire ma rentrée dans encore un autre service la semaine dernière.
Ouais je sais, le retard est un sport national dans ce beau pays qu'est la médecine m'enfin quand même, malaiiiiise !
Bref. Avec tout ça, nous n'avons même pas fait le débrief' de ma dernière garde de pédiatrie, alors, au garde à vous tout le monde, c'est l'heure du rapport !
Figurez-vous qu'en ce jour maudit, je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais je peux vous dire que Dame Nature était vénère contre les gosses. A posteriori je pense qu'une force supérieure s'est juste chargé de punir une bonne fois pour toutes ces sacs à morve de toutes les souffrances qu'ils avaient pu me faire endurer après 6 semaines de stage.
Car le courroux de Dame Nature s'est fait sentir. Les éléments se sont levés, le bétail a rué, les pigeons ont bombardé. Coup sur coup j'ai dû faire face à une attaque d'escadron d' abeilles sur pré-pubère de sexe féminin ; offensive de mâchoire de rottweiler sur moutard d'1m20 (bah oui manifestement tata Florence n'aurait pas dû amener "Lexie" au goûter ; faut dire que les Kinder Bueno l'ont toujours rendue agressive) ; attentat de canasson contre gamine fan de Hello Kitty.
Un vrai carnage, autant vous dire qu'en rentrant chez moi j'ai annulé mon weekend à la campagne par crainte pour ma propre vie.
Je conclurai juste sur cette citation du chef d'orthopédie (pendant qu'il faisait mumuse avec son Meccano-pour-vissage-de-coude au bloc opératoire) :
"Non mais de toute façon j'ai toujours dit que le cheval c'était un truc à la con ! Ces machins là ça fouette la mort et ça bouffe des carottes - il est juste impossible que la race humaine partage quoi que ce soit avec des bouzins pareils ! Eh, oh ! Aspire le sang !" (ça, ça s'adressait à moi)
Ensuite cette garde fut l'occasion du plus grand moment de solitude au bloc opératoire de ma courte carrière chirurgicale. A la base, sachez bien qu'il n'y a rien de plus inconfortable au monde qu'un bloc opératoire. Il y gèle, on t'affuble d'une casaque stérile à la con sous laquelle tu meurs de chaud (ce qui donne un mélange thermique assez détestable), tu as un bonnet de schtroumpf ri-di-cu-le sur la gueule qui te nique le brushing en même pas 2 minutes, et un masque merdique dans lequel tu t'asphyxies progressivement dans ton propre air expiré ; bref la totale. Ajoutons à cela l’impossibilité quasi constante de pouvoir être assis ; et pour peu que la chir dure plus d'une heure c'est le jackpot : tu demandes juste à mourir.
Bref c'était donc dans cet état de base que je me trouvais au moment d'une opération de fracture du bras. J'étais grave mal installé, j'avais mal au dos et partout ailleurs, il était 23h, j'avais pas bouffé depuis 11h, j'avais eu une journée de merde dans le service - autant vous dire que j'étais mûr à point.
Et le gros hic quand tu es au bloc, c'est que tu es en stérile. Donc gare à toi, et surtout à ce que tu touches, pour ne surtout pas te dé-stériliser. C'est simple, imagine juste que tu as autour de toi une aura céleste exempte de tout micro organisme et que tout objet environnant doit être considéré comme grouillant de bactéries, virus, cafards, etc., enfin bon pour résumer dégoûtant ; et cher public tu l'auras compris tout l'enjeu est de ne rien toucher pour ne surtout pas compromettre ta propre pureté et surtout celle de ton champ opératoire. En résumé, au bloc, nous sommes toutes des pucelles d'Orléans qui passent des heures à se préserver.
Ce qui amène bien souvent, par pure précaution (et pour ne pas se faire lyncher par le chef), à adopter à peu de choses près la dynamique d'une statue de granit : t'as mal mais au moins tu te feras pas engueuler.
Sauf que... y a des limites.
Je me mets donc subrepticement à la recherche d'une position plus confortable, tout l'enjeu étant que l'on ne me voie surtout pas bouger pendant ma recherche du graal du confort. Je me décale, me penche, pivote, tends le bras, le mets en arrière, me mets sur un pied, tire la langue, contracte la fesse gauche, relâche la droite, regarde en haut puis en bas ; rien n'y fait. Mais alors que mon coude explore en douce par dessus les champs opératoires à la recherche d'un quelconque point d'appui pour soulager mon dos ; je le trouve enfin, ce secours venu du Ciel, cette béquille inattendue : tout ce qui m'a bien l'air d'être le rebord d'une tablette vient de rencontrer mon bras droit. Miracle ! Je me décale un peu, prends appui sur le plan dur... Aaaaaaah bah ayé, enfiiiin... Ah bah purée ça fait du bien, j'avais putain de mal au dos avec ces conneries !
Et c'est donc confortablement installé que l'opération se poursuit, moi je suis nickel, à l'aise, pas de souci, tout va bien merci je suis peinard !
Tout se termine tranquillement, on s'écarte du champ opératoire, l'infirmière de bloc retire tous les champs ; et c'est alors que je m'aperçois avec effroi que ma tant appréciée tablette-béquille de secours n'était autre que... la tête de la gamine. RRHAA !
Bon alors déjà, premier constat, cette gosse avait quand même le front vachement plat à la base ! Et deuxième constat : de devoir checker discretos avant de sortir du bloc qu'on n'a pas fait de bleu sur le front d'une gamine, bah ça fait quand même une sorte de petit malaise intérieur, il faut bien le dire. (J'espère juste qu'on aura bien prévu le paracetamol pour sa petite migraine passagère post-op - ouais je fais des conneries mais du moment que je sais les prendre en charge c'est pas grave ça enlève pas de point aux exams)
Ah et puis j'ai eu le droit à l'exposition d'une théorie sur la physiologie féminine pour le moins intéressante : le vagin est un aspirateur. Voui, voui, voui.
Bon alors, j'ai beau être pédé, je sais quand même deux ou trois choses fondamentales :
-Si, si, si, Lady Gaga porte parfois, elle aussi, un vieux tee-shirt Pastis 51 quand elle va faire pipi le matin au réveil.
-Deuxième vérité cosmique découlant de la première : oui, oui, oui, Lady Gaga fait pipi (sauf qu'elle pisse des paillettes).
-Et enfin troisième vérité universelle : les vagins ne sont pas fabriqués par Electrolux - par conséquent ces machins là n'aspirent rien du tout.
Mais bon, bous savez, quand on a 12 ans, on est capable de vous soutenir mordicus absolument n'importe quoi - en même temps c'est normal c'est l'âge où tu es censé pouvoir justifier en toute circonstance un 8 en maths.
C'est donc ainsi que je me suis gentiment fait expliquer avec le plus grand sérieux du monde que oui, cette balle rebondissante, eh bien elle l'avait échappée, que paf ! elle s'était glissée dans sa culotte et que du coup bam ! (ou plutôt slurp !) c'était rentré dedans, normal, quoi - bref c'était magnifique on aurait dit une conférence de Christine Lagarde.
Bien. Il est 0h40, et je suis en train de me faire prendre pour un con. Normal.
Toujours est-il que même une balle rebondissante, eh bah ça se voit à la radio. Moralité : rien ne sert de faire sa cachotière avec ce que vous faites de vos samedis soirs solitaires ; la médecine trouvera toujours ce que vous avez fait. Dr Carter - 1 ; inspecteur Columbo - 0.
Ainsi s'achève pour le moment le retour de moi-même ; et juste pour info ce petit message de santé publique :
"C'est bon j'ai fini mon stage de pédiatrie alors vous pouvez amener vos gosses aux urgences, c'est safe !! Remettez-les au foot, rendez-leur leurs Mako moulages, leur spirogravure (Hein ? Quoi ? Je suis has-been dans mes références ludiques ? Meuh non, je suis seulement vintage), remettez des piles dans les manettes de la Wii (ça va c'est assez moderne ?) parce que c'est bon, archi bon : ils peuvent se péter la gueule à nouveau !!"
"C'est bon j'ai fini mon stage de pédiatrie alors vous pouvez amener vos gosses aux urgences, c'est safe !! Remettez-les au foot, rendez-leur leurs Mako moulages, leur spirogravure (Hein ? Quoi ? Je suis has-been dans mes références ludiques ? Meuh non, je suis seulement vintage), remettez des piles dans les manettes de la Wii (ça va c'est assez moderne ?) parce que c'est bon, archi bon : ils peuvent se péter la gueule à nouveau !!"
10 commentaires:
Rhooooooo prendre la tête d'une môme en siège de chirurgie !!!! :DDD
Ah bah enfin des nouvelles! J'espère qu'il ne faudra pas attendre encore plusieurs mois avant d'avoir un autre épisode de notre saga Doc Bastoche. lol.
Heureux de te relire...et de te savoir survivant du pire fléau de l'humanité :)) !!
@Matoo : meuh non j'étais seulement accoudé sur sa tronche, c'est moins grave ;) !
@Christophe : oui je sais la saga de l'été sera plus fournie (je l'espère)
@Poussin : bah tu sais j'ai survécu aux soldes alors c'est pas deux ou trois gosses qui vont me faire peur !
"c'est l'heure du rapport!"...
C'est dingue tout ce qui m'est venu à la tête après la lecture de cette phrase, ayant fermé les yeux et ayant imaginé Renato Ferreira me disant cette phrase...
C'est bon de te relire Bastoche :)
Nous fais plus des frayeurs comme ça hein!
He is aliiiive !
Donc la pédiatrie, t'as assez donné. La prochaine fois tu penses à quoi ? Géronto ? :D
ah ben c'est pas trop tôt, j'ai vieillos d'un siècle pendant ton absence..
donc, tout va bien, tu hais toujours les mômes et tu as bien raison !
je te fait plein de gros bisous
Ah, tout de même, il y a quelqu'un. Note que grâce à la liste des mises à jour des autres blogs je reviens très souvent ici, mais c'est quand même mieux quand il s'y passe quelque chose. Moi j'ai toujours eu horreur de la chirurgie. La connerie des chirurgiens, qui contamine tout le personnel du bloc, la nécessité de rester immobile, le temps interminable, tout ça me faisait copieusement chier. Je tombais dans les pommes très vite, ça m'a été très utile pour qu'on me foute la paix avec ça. Ouf !
Ben il était temps ! a quand le prochain billet gros fainéant ?
Ca fait tellement longtemps que tu n avais pas publié que t as meme pas vu que j avais changé d'adresse de blog!
biz
@Grouiki : tu as une version un peu autoritaire du sexe, huhu !! ;)
@Tambour Major : non, pas la géronto, depuis je suis passé à pire.... suite au prochain épisode... (je fais du teasing, grave !)
@boutfil : oui, tout va bien, et j'ai même validé mon année entre temps, donc j'ai le sourire :) plein de bisous à toi !!!
@sameplayer : ah ouais mais parfois j'ai quand même hésité à simuler un malaise juste pour pouvoir me barrer, quoi, tellement j'en avais marre...
@Corto : dis eh oh je vais quand même pas me faire engueuler, oui ? bon, ok, parfois, je me laisse aller, je sais c'est maaaaaal ;)
en fait j'avais eu la flemme de rectifier ton adresse, je ne sais pas pourquoi mais je trouve que c'est juste le truc le plus relou au monde que de mettre à jour une liste de liens dans un blog (dans la vie il y a deux trucs dans le genre : ça, et remplir le savon liquide avec une recharge - deux choses que je repousse systématiquement ! ;) )
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