lundi 28 décembre 2009

Vous reprendrez bien un peu d'amour-propre ?

Aujourd'hui ça a été l'épreuve du feu : le retour dans le service après une semaine de vacances, et donc avec tout plein de patients que l'on ne connaît pas du tout du tout, des souvenirs de cours d'hémato qui commencent déjà à sédimenter sévère dans les méandres de ma mémoire (oui, je sais, après une toute petite semaine, c'est carrément honteux mais que voulez vous, quand on remplit quelque chose, que ce soit une baignoire ou une mémoire, ça finit toujours par se vider), et puis surtout ... un effectif réduit, à savoir 3 externes au lieu de 6 hors vacances, et un seul interne, tout ça pour 20 chambres.

Et le comble de l'horreur a été atteint dès 9h03 à mon premier coup d'oeil au tableau des admissions : 11 entrées programmées ce jour ! Déjà, en temps normal, une journée à 5 ou 6 entrées c'est considéré comme une grosse journée, alors là ... j'ai juste eu envie de repartir direct. Bref.

J'ai donc trimé toute la journée pour être à peu près au taquet, même pas mieux, j'ai enchaîné les entrées, les examens cliniques, les merdes, les coups de fils, les fax, et j'ai même eu droit à un +1 :

à 17h, j'ai eu le malheur de ma trouver seul avec l'interne dans le poste infirmier, et là elle me sort : "ah au fait y a une entrée imprévue qui arrive en 136, là, c'est qui comme externe qui la fait ?" ... "euh bah ... moi, allez !" (oui, je suis bon camarade. J'aurais pu faire ma pétasse et dire le prénom d'une des deux nénettes qui me servent collègues pour la semaine, mais non, il a fallu que ma bonté me fasse prendre une chambre de plus ...)


Et donc, voyez-vous, arrivé vers les 17h30, j'étais genre trop blasé de la vie.
Marre.
Et puis c'est tout.
Et c'est précisément ce moment là que ma poisse légendaire a choisi pour s'acharner sur moi.

Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que je possède un pouvoir magique : celui de faire sonner les téléphones. Oui, je sais, ça vous ébahit, c'est peu commun, c'est inutile, c'est extraordinaire, c'est mon "incroyable talent" à la Susan Boyle, je fais sonner les téléphones.
L'hôpital grouille de téléphones sans fil : pour les médecins, les internes, les secrétaires, les infirmières, tout ce beau monde a son super téléphone sans fil pour être joignable tout partout. Seulement, il faut bien le dire, les infirmières ont la putain de manie de laisser trainer leur téléphone sur le premier bureau venu, du coup la pauvre chose peut sonner désespérément seule pendant des heures. Et c'est marrant mais moi, il suffit que je passe à côté de ce téléphone à la con pour qu'il se mette à sonner ... sans jamais aucune infirmière aux alentours.
Du coup c'est toujours horreur, effroi et dilemme ultime : me casser en faisant genre "j'ai rien entendu" fait franchement pas professionnel, en plus va savoir c'est pitête important ; et répondre c'est s'exposer à l'inconnu, et de toute façon ça rate jamais à chaque fois au bout du fil ça me parle de trucs que je comprends pas, à propos de patients que je connais pas, pour des trucs dont j'ai jamais entendu parler ; du coup j'ai invariablement l'air d'une grosse buse.
Mais comme je suis faible, je réponds à chaque fois.


... "L'hémato bonjouuuuuuuuur ??"

_"oui, bonjour, ici le médecin de l'Etablissement du Sang, je vous appelle pour Mme Machine, je veux savoir ce que vous comptez faire pour ses plaquettes."
_" euh ... bin ... c'est à dire ?"
_(petit soupir excédé) "eh bien dois-je en préparer à nouveau des phénotypées ou pas, et puis vous comptez la transfuser à nouveau combien de fois, là, enfin voilà, quoi !"
_"euh ... (je me déplace dans le poste infirmier vers le tableau des patients) bin déjà ce nom là ça me dit rien ..."
_(soupir) - (mon interne me regarde bizarrement genre "qu'est-ce qui t'est tombé dessus encore ?)
_"ah non bah non, cette dame là elle est pas chez nous."
_"ah bah en voilà une bien bonne !"
_"oui bah moi je l'ai pas, hein, et puis c'est tout (là je commence à mal le vivre) ! (et là je vois les noms du service d'à côté, le secteur stérile) Ah bah attendez, elle est en USSI, votre dame !" (je triomphe, j'avais raison)
_"en quoi ???" (quelle quiche)
_"en unité stérile !"
_"bon bah donnez moi le numéro"
_"euh ... (cette connasse elle croit que je me farcis par coeur l'annuaire du CHU, aussi ???) bin je le connais pas, moi !" (elle peut pas chercher, comme tout le monde ???)
_"Non mais vous êtes nouveau, ou quoi ???"
_(j'en peux plus) "NON, je suis pire que ça, je suis externe, madame !"


J'ai eu droit à un petit rire pincé en réponse à ce brillant éclair de lucidité ou bien à ce magistral auto-démolissage de soi-même, c'est au choix.

... Au moins mon interne se sera bien marrée après ça.

vendredi 25 décembre 2009

Joyeux Noël !



Puisque je suis un trrrès mauvais chrétien, plutôt que de vous souhaiter le plus heureux des Noëls avec un petit Jésus ou jolie scène de la Nativité ; je fais mon bon gros païen et vous souhaite un très, très joyeux Noël avec un symbole tout de même bien plus sympa, j'ai nommé la bonne grosse dinde aux marrons que l'on va s'envoyer d'ici vingt minutes !!

Allez, de grosses bises pour vous tous, plein d'amour, de joie et de bonheur avec les vôtres et ... à très vite !

lundi 21 décembre 2009

Esprit de Noël, es-tu là ?

Aujourd'hui, j'ai rejoint ma campagne chérie afin de vivre des moments d'intensité familiale rare, pour ces fêtes de fin d'année.

Attention, j'ai une semaine de vacances, pour la première fois de ma vie ce sont de vraies vacances puisque les partiels ont été avant celles-ci, donc ça va être de la véritable émotion familiale à l'état pur, et non pas l'habituelle réclusion dans ma chambre d'ado à réviser comme un forcené des cours que je vomis tout le reste de l'année.

Donc, "intensité familiale" au menu de cette semaine (avant de rejoindre mon CHU préféré pour la deuxième semaine des vacances scolaires, bin vi faut quand même pas trop nous laisser nous reposer on pourrait y prendre goût).

Et on a commencé fort : avec ma sister, cet après-midi, on a fait le sapin.

Oui, "fait le sapin". Comme deux gamins de 12 ans, on a sorti boules et guirlandes, étoiles et cheveux d'anges, et on s'est attaqués à ce symbole ultime des vacances de fin d'année. Bon, autant vous le dire, moi, le sapin, ça me gave profondément. Je pourrais m'en passer aisément. Cela prend des heures à faire, y a toujours des boules qui n'ont plus d'attache, ou bien deux ou trois autres que l'on brise ; y a toujours une guirlande électrique qui marche plus et qui du coup ruine toute une stratégie esthétique pour notre sapin chéri ; ce sapin à la con se met toujours à pencher bizarrement voire même dangereusement quand on a fini, et puis du coup faut s'échiner à remettre tout ça bien droit ; et puis après ... la vache faudra le défaire, et puis tout re-ranger, dans à peine une semaine, et ça, ça me tue. Il n'y a pas entreprise moins rentable que celle-ci. Carrément trop "chronophage", comme disent les médecins de mon service.

Les défenseurs des traaaaaditiiiiiions et de ce fucking "esprit de nawêl" hurleront au scandale et au cynisme, mais le fait est que, franchement, les sapins, y a rien de plus chiant, non ??
Enfin cela n'est pas du tout l'avis de ma soeur, cela dit, qui, malgré ses 4 ans de plus que moi, tient plus que tout à son sapin pour noël, et puis aussi à sa couronne à la con sur la porte d'entrée et autres pères Noël disséminés ça et là dans la maison, tant qu'on y est.

Donc, tandis que dans ses yeux de jeune fille pétillait la joie simple de préparer noël ; moi je faisais une étude comparative et détaillée des différentes sortes de chocolats présents dans les nombreux ballotins frénétiquement achetés par mes parents ou bien offerts par je-ne-sais-qui.

Non mais c'est vrai, c'est chiantissime, le sapin, déjà faut le monter (ouiii, chez moi, on sauve la planète, on a un faux sapin. Ok, ça sent pas pareil, ça fait pas pareil ; mais au moins ça pique pas, ça perd pas ses aiguilles partout, et puis on se fait pas chier à le tronçonner pour s'en débarrasser après), et ça, évidemment, c'est Bibi qui s'y colle. Ensuite, faut démêler les guirlandes, trier boules et guirlandes par couleur (je vous avais dit, qu'on était maniaques, dans ma famille ? non ?), virer ce con de chat qui joue dedans, choisir ce qu'on veut mettre, puis enfin agencer tout ça de façon la plus esthétique et la plus artistique possible, histoire de mettre de la joie dans le coeur de quiconque aura le plaisir de poser ses yeux sur cette création éphémère qui n'est somme toute qu'un tas de verre et de plastique.

Bref.

Faisant fi de mes soupirs et autres "mmmouais ..." en réponse à ses "et la boule rouge, là, elle ferait pas super bien, ici ??? hein ???? t'en penses quoi ?????" ; ma wonder-sister est parvenue à ses fins :



... Bon, faut bien l'avouer, c'est quand même plutôt sympa, non ?

Allez, Merry Xmas to all of you, guys ! (Et laissons entrer l'amouuuuur de Nowêêêêêl en nous!)


P.S : ne suis-je pas vraiment trop sombre ? non parce que là je me fais peur moi-même ... enfin un tout petit peu...

samedi 19 décembre 2009

... ... ... Bientôt de retour ... ... ...

Mais, là, pour l'instant, le Bastoche, il récupère !

Après une semaine de feu, faite de stage, de révisions fiévreuses, de panique absolue, d'angoisses et de pointes de névroses, de levers en pleine nuit pour mieux retrouver ses bouquins, d'épreuves bien passées... et d'autres franchement moins, de doutes, d'envies (comme toujours ...) d'abandon, de frustration et de rage ...

...
... c'est donc fini. Ayé. Enfin. Les classeurs sont fermés.

Je vais pouvoir ... dormir.

dimanche 13 décembre 2009

Space Invaders









Quand les cours commencent à pulluler partout chez moi comme ça, c'est signe que les partiels approchent VRAIMENT .... aaaAaAAAaAaaaAAaAaAaaaAAaaAaa !!!!!!!!

mardi 8 décembre 2009

En suspens


Comme chaque année à la même époque, c'est le rush, la panique, la course : les partiels, c'est dans une semaine !!

C'est affreux c'est immonde, je n'ai plus une seconde à moi et encore moins à consacrer à mon blog, alors j'appuie sur "pause" pour mieux pouvoir reprendre une fois l'épreuve du feu passée ...
J'ai énormément à bosser, si ça passe ce sera sans doute ras du ... ce que vous voulez ; mais bon je me bats comme une hyène, il ne faut pas oublier que je suis avant tout un petit teigneux !!

Je n'ai donc malheureusement plus beaucoup de temps pour écrire, mais ne vous inquiétez pas j'ai tout pleiiiin de trucs à vous raconter (je note scrupuleusement ce que je veux partager avec vous en jetant quelques mots sur un carnet, donc pas de panique vous aurez bien tout ça en temps voulu), et puis bientôt j'aurai aussi à nouveau le temps de passer vous faire des petits coucous dans vos chez-vous respectifs, j'ai quand même pas mal de retard dans la lecture de vos récits ...
Mais tout ça, ce sera pour après le 18 décembre !

Allez, c'est pour la science ! (ooh après tout, fuck la science... c'est juste pour mon avenir, et c'est déjà pas mal)

Grosses bises à vous tous !!!!!!

P.S : Zélie, je n'ai pas oublié la mission que tu m'as confiée, c'est seulement en gestation pour l'instant ! Bises à toi !

mardi 1 décembre 2009

Brèves de comptoir

Une conversation lambda d'étudiants en médecine, au restaurant universitaire, se nourrissant d'infâmes assortiments alimentaires insipides et spongieux, et tentant d'entretenir une conversation au milieu du brouhaha féroce qui règne en ce lieu, forçant à presque hurler tout en évitant de cracher sa semoule au visage de son interlocuteur (oui, comme tous les gens mal élevés, on parle la bouche pleine) :



"Bin c'est pourtant pas difficile : t'enfonces, t'aspires, et c'est bon !!"



Des oreilles mal entraînées, peu coutumières de cet univers, ou tout simplement un peu tordues, y verraient sans doute un extrait de scénario de Sex & The City, mais non, il s'agit seulement de ma copine E., nous expliquant la technique de ...
...
...
... du myélogramme.


... triste vie que la nôtre !