Mon cher Poussin m'a confié une mission : raconter à mon tour ma première fois.
Ce n'est pas quelque chose de facile, de raconter sa première fois. Car, cela va peut-être vous étonner, ou pas, je ne sais pas, mais je suis plutôt du genre pudique, moi.
Alors du coup, cela fait un petit moment déjà que je planche, au moyen de grands débats avec moi-même, sur la façon dont je vais bien pouvoir m'acquitter de ce travail...
Et par la même occasion, cela m'a permis de réfléchir quelque peu sur … ma vie.
Dit comme ça, ça fait un peu pompeux, genre « attention c'est le moment où je vais pondre mes Mémoires », mais je savais pas comment le formuler autrement.
Bref. J'ai … pensé. Cogité. Médité.
Et le moment est venu de vous livrer le fruit de ces réflexions intenses.
Roulements de tambour, prenez une grande inspiration, bloquez tout, ouvrez grandes vos mirettes … J'y vais c'est parti :
Le fait est que moi aussi, j'aurais bien voulu vous raconter une belle histoire. Une histoire d'Amour. De romantisme. De … tendresse.
Moi aussi, j'aurais bien voulu parsemer mon post d'émotions et de beauté, de délicatesse et de volupté ; un peu à la manière de Poussin, mon maître, ou de Kindgay, mon acolyte sur le chemin de la médecine.
Mais le fait est que, chez moi … je n'ai rien à vous proposer de tel.
Niet.
Que nenni.
Rien de « beau », en tout cas.
Et si, alors, je me lance dans une rétrospective intérieure de mes aventures, amours, et autres déboires sentimentaux ; pour être totalement honnête le seul mot qui me vient à l'esprit est … « sordide ».
Oui.
Je m'explique : entre quelques plans culs de-ci, de-là « comme tout le monde » (ou presque), des baises sans lendemain, certaines très réussies … et d'autres franchement moins, des histoires de coeur trop furtives pour signifier quelque chose, et des désastres douloureux ne laissant rien d'autre que mon petit coeur brisé (qui a l'affreux défaut de s'emballer avec les mauvaises personnes) ; je n'ai pas grand chose à proposer. En fait je n'ai même rien d'autre.
Ajoutez à cela que depuis un bon mois, avec cette rentrée archi chargée d'externe épanoui (ou qui fait semblant de l'être), j'ai l'activité sexuelle d'une moule cuite ; vous obtenez un DocBastoche qui se lamente et déprime sur son propre post.
On dit que la première fois est déterminante sur sa vie sexuelle future (dixit Elle, deuxième semaine de juin 2004, pages psycho juste après la recette du tagine de poulet aux citrons confits), et là …. je me dis que c'est peut-être bien vrai, tiens.
A première fois fabuleuse, vie sexuelle heureuse ; à première fois foireuse, vie sexuelle désastreuse.
Allez, devinez dans quelle catégorie je me trouve.
Du coup, par la même occasion un double bilan de ma vie s'impose, en ce 1er novembre 2009 :
Ma première fois fut naze. Mes fois suivantes ne m'auront rien laissé de satisfaisant, ou d'accomplissant, à ce jour.
Hum.
Bon. Bah voilà.
Mais parce que je ne recule devant rien, on va faire, si vous le voulez bien, comme d'hab : on va dédramatiser ses petits problèmes, en se racontant tout ça histoire de se marrer un bon coup, parce que y a pas de raison, et puis parce que, à ce qu'il paraît …
… l'humour n'est que le reflet des âmes tristes.
Les faits ont lieu en l'an de grâce 2006, lors d'une assez mémorable, je dois dire, soirée de lycéens fraîchement bacheliers que nous étions, dans ma campagne perdue, ou plus précisément celle de mon pote P., où avait lieu la fameuse soirée.
Maison immense, parents compréhensifs, grand parc et large piscine, bref tout ce qu'il faut pour une soirée de lycéens.
Comme d'habitude, on se marre comme des crétins, on se gave de nourriture et d'alcool, on met de la musique de pétasse, fait des jeux à la con, se baigne toute la nuit … bref une soirée normale, quoi !
Parmi la foule présente, il y a un mec … que nous appellerons Le Mec, tiens, qui est dans mon lycée mais pas dans ma classe, d'ailleurs je ne sais même pas dans quelle filière il est et je m'en fous complètement ; enfin bref il est plutôt beau gosse et il se trouve que … il me court après depuis de longs mois déjà, faisant bien peu cas de l'indifférence majestueuse que je lui oppose depuis tout ce temps.
Alors bon, la soirée suit son cours, et, à cette époque, comme je suis jeune et pas encore étudiant en médecine, je tiens affreusement mal l'alcool, c'est immonde. J'ai en fait la résistance d'une fillette de 5 ans.
Je me retrouve donc fin torché bien bien vite ; et, pendant que Le Mec, lui, me fait de l'oeil et se trémousse de façon relativement suggestive, moi je songe déjà à rendre tripes et boyaux au fond du parc, en toute discrétion, entre deux rhododendrons en priant pour que cela se biodégrade avant que les parents de P. ne tombent dessus par un beau matin de jardinage.
Je sors donc un moment, il est déjà tard et il fait nuit, je … prends l'air en espérant que cela me permette un décuvage express.
Là dessus, Le Mec débarque, et bon, il a dû se dire que le suggestif ne fonctionnait pas des masses sur moi, alors il fallait y aller un peu plus franchement.
Et c'est ce qu'il a fait, sous couvert de faire style « oooh lala moi aussi jsuis complètement bourré jme contrôle plus », il m'a littéralement sauté dessus.
Là, comme ça, dans le noir, je me suis dit qu'il y avait deux possibilités : soit c'était ma super coupiiiine P. qui me faisait un énième câlin, soit c'était Le Mec qui sautait sur sa proie.
Et quand j'ai senti un barreau à mon contact à travers le short de piscine, j'ai été fixé.
Et comme je suis un garçon, donc une grosse éponge pleine d'hormones, figurez vous que d'un coup, finalement, je l'ai trouvé très intéressant et … j'y ai donc mis du mien aussi, après tout.
De fil en aiguille on s'éloigne un peu plus encore de la maison, voire même un peu trop, parce qu'on s'est retrouvés dans les buissons, et tout compte fait, finalement, tant mieux, puisque moi je tenais à peine debout, avec tout cet alcool et le manque d'oxygène dû à sa langue perpétuellement fourrée dans mon pharynx, alors ça me faisait un truc à quoi m'accrocher pendant ce temps-là.
Je commence sérieusement à avoir la gerbe, je sais pas trop ce que je fais ni ce qu'il me fait parce que je suis pas trop « aware » sur le moment, l'un comme l'autre on se vautre pas mal de fois lamentablement, ses gestes comme les miens sont relativement imprécis et dénués de toute tendresse … bref pas top-top, quoi.
Au final, on est ressortis de là en n'ayant pas retrouvé la moitié de nos fringues dans le noir, couverts de griffures et pas franchement fiers de nos exploits.
On rejoint les autres qui s'étaient entassés dans le salon, dans leurs sacs de couchage, pour dormir ; on s'écroule l'un à côté de l'autre, je ne ferme pas l'oeil de la nuit puisqu'il ronfle, au petit matin, lui pionce toujours du sommeil du Juste, moi je secoue P. pour lui dire au revoir, embrasse les quelques personnes déjà debout, cherche frénétiquement mes clés de bagnole, le restant de mes affaires, et je m'arrache aussi vite que je peux...
Je ne l'ai plus jamais revu depuis et … heureusement !
-------------------------------
voici venu le moment de la transmission de flambeau, mais ... comme ceux que j'aurais voulu moi-même taguer l'ont déjà été, je vais me contenter de proposer à qui le souhaite de nous raconter aussi sa première fois, et d'aller lire mes collègues blogueurs déjà tagués !