lundi 16 novembre 2009

Parce que je suis pas la moitié d'un pédé

J'ai terriblement honte, mais il faut que je vous avoue quelque chose.

Je suis la pauvre victime du marketing des majors américaines, nous abreuvant depuis bien des lunes déjà de merdes auditives et autres soupes sonores...
Car je suis trop fan du dernier titre de Miley Cyrus.

Oui, ouiiii, ouiiiiii, vous avez bien lu, Miley Cyrus.

Miley Cyrus, ou une ado à peine pubère américaine moyenne à gueule de hamster chafouin, dernier produit Made By Disney en date, héroïne d'une série télé à la con, actrice de cinéma et chanteuse (oui, chez Disney, c'est comme chez McDo, faut savoir tout faire pour être engagé) ; et accessoirement ado la plus riche de la planète.

C'est affreux c'est immonde, cette bouse m'a contaminé dès la première fois que je l'ai entendue à la radio, un beau matin d'hiver glacial, alors que je me rendais à la fac ... et cette chose a quand même réussi à me faire me trémousser dans le siège de ma Corsa, et avant 8h du matin, je peux vous dire qu'il s'agit d'une performance.

Donc cette création d'un autre monde s'est insinuée au travers de mon nerf auditif et depuis je suis presque accro. Je me retiens de la télécharger, plutôt crever que d'avoir ça dans mon iPod, mais je ne peux pas m'empêcher de me le mettre à fond sur Deezer, le site rêvé pour qui veut s'éclater tout seul avec des chansons honteuses en toute impunité et sans laisser de trace dans ses playlists.

Il faut dire que ce titre a tout pour plaire aux pédales et aux jeunes filles en fleur d'Amérique profonde (oui, je sais, on a tellement en commun...), c'est aussi bien calibré que les oranges chez Simply Market.

Jugez plutôt :


On trouve là dedans tout ce qui faut -->
-des cheveux, tout plein tout plein, ébouriffés mais avec beaucoup de reflets, et qui bougent dans tous les sens,
-du micro-short à la Kylie, autre icône-déesse-pédale
-des paillettes qui volent (c'est important, ça, que ça vole)
-du déhanché de salope qui fait genre "maiiiis-non-je-suis-pas-une-salope-je-vais-à-la-messe-tous-les-dimanches-je-vous-jure"
-la version Disney du sling sado-maso, à savoir Miley Cyrus en gilet et bottes de cuir sur une balançoire à chaînes, et, et, ET ceinture cloutée (et ça change tout)
-des paroles on ne peut plus cul-cul la praline, par exemple "the butterflies fly awayyyy, yeaaaAaAaAAaAah !!!" (mais bien sûûûûûr .....)

Il est donc logique que je succombe. J'y peux rien c'est comme ça. Parce qu'on a tous une pétasse pré pubère qui sommeille en nous.


P.S : ne paniquez pas je vais vous raconter ma garde mais y en a tellement à dire que là, comme ça, j'ai pas le temps ... mais promis y aura de quoi faire un joli post qui viendra en temps voulu !
P-P.S : pardon à tous mais en ce moment je suis un peu overbooké, j'ai à peine le temps d'entretenir mon modeste blog, alors du coup je ne passe que très peu vous voir ... mais je me rattraperai bientôt. De grosses bises à tous.

samedi 14 novembre 2009

Des nouvelles du front

Tout d'abord, je tiens à tous vous remercier bien chaleureusement pour vos petits messages qui m'ont fait un plaisir fou et bien chaud au coeur aussi !

Alors je voudrais faire un gros bisou à chacun de vous !

Ensuite, je vais juste vous dire que .... ça ... s'est ... très bien passé !
Je n'ai tué personne, je ne me suis pas évanoui ^^, j'ai tenu le cap en vaillant moussaillon, j'ai soigné des gens, je me suis débrouillé comme un grand, j'ai même ri de temps en temps .... et puis bon là j'ai dormi, quoi, parce que bon, ça a beau bien se passer, ça reste juste éreintant !!!

Un bilan un peu plus soigné suivra bientôt pour que vous aussi, vous puissiez vivre à travers mes yeux tourmentés mais perspicaces ce que c'est qu'une garde en traumato (enfin une garde en traumato avec moi) ...

jeudi 12 novembre 2009

Emergency Room : J-1


Puisque c'est la semaine des nouveautés, et qu'il faut bien que ma boîte de Lexomil (qui arrive bientôt à péremption ... faut que je la finisse, faut pas gâcher ....) me serve à quelque chose, demain une autre grande première est au programme : ma toute première garde aux urgences !!!! aaAaAAaAAAaaAAAAAaaAAaAAaAAAaaAAA !!!

alors, comme pour tout grand évènement princier, je vous livre le planning de ma journée de demain, histoire que vous puissiez penser à moi (siouplaîîît, j'en aurai besoin, vraiment vraiment ...) de façon or-ga-ni-sée :

7h00 - je m'extirpe du lit
8h-10h - cours de pneumologie à la fac
10-12h - stage en oncologie, juste le temps d'aller voir mon petit patient, de m'occuper de lui, et de trier les bios
12h- rapide déjeuner au RU
12h30 - (après un grand café) départ pour le CHU de l'autre bout de la ville
13h - arrivée aux urgences traumato : ma garde débute officiellement
8h30 - fin officielle de ma garde
8h31 - 25 euros de salaire "bonus" me tombent dans la poche
9h - retour au bercail
9h01 - dodo

voilàààààààà !!

si j'en sors vivant, je vous raconterai !!

P.S : ne vous foutez pas la gueule en l'air demain, vous risqueriez de tomber sur moi dans un box des urgences, et franchement c'est pas un bon plan ! enfin après, moi je dis ça je dis rien, hein, c'est pour vous, juste un conseil ...

Premier bilan

Après trois jours passés dans la jungle hospitalière, me voici de retour pour vous faire parvenir ce communiqué informatif sur ma survie dans ce milieu hostile ...

Le mot du jour :
"Boulet".
Voui, boulet. C'est, avec ma co-externe D2, C., le terme que l'on considère comme étant le plus approprié pour caractériser ce début de stage.
ça sonne bien, ça fait 6 lettres, c'est gravé sur notre front, et puis ça clignote, aussi.
En clair : on est paumés, personne ne nous explique rien, on sait pas comment marche le service, où sont les flacons de sterilium, les patients, ou les deux ; on fait chier tout le monde à les harceler en permanence de questions (plus ou moins) existentielles, du genre :
-"au fait c'est qui, mon patient ?"
-"euh ... le service, c'est par où ???" (le bureau des externes est super, super excentré)
-"un quoi ? un ... fax ?" (à l'heure du règne du mail, des gens faxent encore, si si si)
-"au fait c'est qui, le chef ?"
-"t'es en D4 ? ah ... t'es interne ..." (gllllloups !)
-"y a des chiottes, ici, ou faut piquer un bocal ?"
-"y a un patient qui m'a demandé un sachet de sucre, tu sais où c'est ??"

etc, etc ... et nous avons vaillamment fait face aux mines exaspérées toute la journée.

Le point internes
: on en a trois, et ... pour schématiser, nous avons :
-le Prince-de-Galles (les oreilles en moins) : même brushing classe, chemises à col archi raide, langage châtié, patate chaude dans la bouche en parlant, c'est clair, nous avons un aristocrate parmi nous.
-la Reine des Glaces : comme ça elle fait style elle est sympa avec son sourire mignon, mais en fait dès qu'elle parle un fluide glacial te transperce, soit parce qu'elle se fout de ta misérable gueule, soit parce qu'elle t'engueule, mais toujours sans en avoir l'air ! et puis ... elle te confie des missions impossibles (du genre récupérer un compte rendu d'hospi qui ... n'existe pas) pile à l'heure où tu es censé finir ta journée, après n'avoir rien glandé de l'aprem vu qu'il n'y avait rien à faire ...
-la Femme Furtive : alors elle, elle était là depuis le début, mais il a fallu attendre aujourd'hui pour qu'elle lâche enfin le morceau : "salut je suis interne !", alors que nous, nous nous étions dûment présentés dès lundi ... bref.

Le point patients
: il y en a tout tout plein, mais le problème c'est qu'ils ne font que passer, ils viennent pour avoir leur ligne de chimio ou leur cure de radiothérapie, du coup ils changent, pour la plupart, tous les jours, même si certains d'entre eux restent un peu plus longtemps que ça... du coup, ça fait des nouveaux dossiers à potasser tous les jours, le genre 15 cm d'épaisseur avec des feuilles mal classées (ça, ça m'éneeeeeeerve !!!!) écrites en hiéroglyphes, à déchiffrer et synthétiser le plus vite possible dans sa misérable tête pour pouvoir le présenter de manière potable à l'interne. Alors au final, je passe le gros de mes journées le cul sur une chaise à potasser du dossier. Topissime.

Le point clinique : bof bof bof, y a quasiment aucun geste à réaliser, pas même un examen clinique complet, ça sert à rien et on ne nous le demande même pas, du coup ... pas vraiment de trucs concrets à faire.

Le point larcins : alors nous sommes jeudi, et j'en suis déjà à un flacon de Stérilium et un d'Eludril de chouravés. Peut mieux faire.

Le point humain : LE point difficile. Il ne fait pas oublier que là-bas, les patients ont tous un cancer, certains sont en fin de vie, et tous sont épuisés par une maladie longue et qui les ronge à tous points de vue. Du coup, on se sent vite désemparé. Enfin en tout cas c'est mon cas. Que dire ? Comment réconforter ? Comment se comporter ? Comment trouver les bons mots quand toute phrase paraît dérisoire face à la situation ? La plupart du temps, j'ai juste une irrépressible envie de les prendre dans mes bras pour leur faire un câlin, ce qui n'est pas franchement des plus constructif... bref. Et presque à chaque fois que j'ai essayé d'engager la conversation avec des patients, ils ont fondu en larmes devant moi au bout de 2 min 30. Ouch.

Le point responsabilités : j'ai un patient à moi, à moi, rien qu'à moi, à moi tout seul je vous dis, y a même mon petit nom à côté du sien sur le panneau des admissions, c'est trop trop la classe. Et je l'aime, mon petit patient, je le chouchoute je le couve de toute mon attention, je le surveille je le scrute, bref c'est ... en fait ma seule raison de m'accrocher à ce stage et à cet hôpital actuellement ...

Le point potins qui n'intéresse personne mais bon, ça distrait toujours dans le bureau des externes
: le Reine des Glaces s'est mariée le mois dernier, en témoigne l'énorme caillou qui orne son annulaire gauche. Et qui serait sans doute plus rentable à chouraver que de l'Eludril ... mmmmh à creuser ;).

Le point spéciale dédicace : mon cher Poussin, je me répète mais encore une fois, je me sens obligé de prêcher la bonne parole auprès de toi => SOIS GENTIL AVEC TES EXTERNES, S'IIIIIIL TE PLAÎÎÎÎÎT !!!!!

voilà.

Madame, Monsieur,

Bonsoir.

mercredi 11 novembre 2009

Juste pour vous dire ...

(Bon, euh, je suis pas mort avec mes patients, hein, mais là, c'est un peu la course, la folie, le ... "rush", quoi, alors j'ai pas trop le temps de vous raconter à quel point j'ai la loose à l'hôpital... mais promis ça va venir très très vite ! Je vous aime ! Bisous ! XOXO ! Kissouxxxxx ! mdr/kikoo/lol ! smack ! love you guys !)

dimanche 8 novembre 2009

J-1

Ca y est, nous y sommes : demain c'est le grand jour, je recommence les stages.

Alors à partir de demain et jusqu'à début janvier je serai un heureux externe ici :



ça, c'est le pôle de cancérologie du CHU, et moi je vais bosser en oncologie médicale ... j'appréhende énormément, comme avant chaque début de stage, je flippe même à mort, je me demande si je vais être à la hauteur, si ce ne sera pas trop psychologiquement dur à vivre, si je saurai prendre en charge des patients comme il faut, si j'aurai assez de temps pour bosser malgré tout mes cours intégrés ... bref beaucoup de questions sur ce stage ...

Débrief' très prochainement !

samedi 7 novembre 2009

Holidays are (so not) coming soon

Comme à chaque fois que l'année s'intensifie, que le boulot me prend à la gorge et me prend mon temps, au lieu de me sentir l'âme surpuissante de tout étudiant en médecine normal qui, bien sûr, ne vit et ne respire que pour ses études ; moi, je ... pense à ce que je voudrais faire en juillet prochain.

Su-per logique.

Alors bon, puisque j'y ai cogité vachement longtemps quand même, et puis que, franchement, c'est passionnant et qu'un 7 novembre vous devriez bien partager mes angoisses sur mon planning du 15 juillet 2010, je vais vous demander votre avis.

J'ai plusieurs idées en vue ; mais que vu je ne peux pas raisonnablement tabler sur le fait que d'ici juillet je serai marié à un héritier d'un trône quelconque à blazer et raie sur le côté ; va falloir faire un choix ... (ou un hold-up).

Alors voici les résultats de mes envies pour cet été, soumis à votre avis aiguisé :


1- Classique mais tellement bon : l'Espagne avec ma sister. Après tout on le fait chaque année, on est super bien rodés, on se marre comme des bossus tout le séjour, et puis y aura plus qu'à se choisir une ville qu'on n'a pas encore faite (en ça tient du challenge, en fait ...). C'est le super plan : on a le Routard, elle peut parler espagnol tout ce qu'elle veut et ainsi retrouver la flamme du prof d'espagnol qui s'éteint de jour en jour avec ses étudiants nullos, moi je pipe pas un mot du séjour (ce qui n'empêche pas toute autre pipe, celle là je préfère la faire avant que quelqu'un s'en charge dans les commentaires ^^) c'est to-tal confort, de surcroît les Espagnols sont assez souvent super gaulés et, toujours, très court vêtus ; il y a le soleil et des tapas, des Hollandais et des pétasses, bref tout pour un bon séjour.


2- l'aventure qui me titille depuis un moment (enfin surtout depuis que ma copine E. me tanne un peu le cuir avec ça) : le Québec. C'est beaucoup plus loin, donc ça revient à beaucoup plus cher, maiiiiis comme E., justement, y va, elle, pour faire son stage d'été quand moi je vais rester bien sagement en France sauver des vieux de la canicule, il y a moyen de moyenner un squat de canapé ce qui rend le bilan financier tout à coup bien plus envisageable, déjà. Et en plus une escapade à New York serait possible, histoire de "voir ça en vrai", du genre "ah ouais bin c'est comme à la télé, dis donc !".

Les +
= un accent savoureux, découvrir une exception culturelle dans ce bien grand continent américain, des paysages à couper le souffle, et s'apercevoir que le Québec ce n'est pas que Céline Dion sur un caribou dans la neige, en train de chasser les bouteilles de sirop d'érable sauvages.

Les - = devoir traverser l'Atlantique (ça fait suuuper peur, non ???), et... risquer de découvrir que le Québec, c'est en fait Isabelle Boulay sur un orignal dans la poudreuse, en train de chasser le bûcheron sauvage.

3- Un truc que je voulais faire l'été dernier (avant qu'on se décide finalement pour Malaga) : aller aux Pays-Bas (je sais, rien à voir avec Malaga).
Parce que cela fait pas mal de fois que j'entends dire qu'Amsterdam c'est magnifique, parce qu'on peut y aller facilement pour carrément rien en low-cost, que pour le coup ça sera très ... nouveau, et puis que ça me forcera par ailleurs à travailler mon anglais déplorable. Et aussi parce que ... j'ai quelqu'un là-bas que j'aime profondément, qui est sorti de notre famille à cause des aléas de la vie ... et du mariage, qui est parti là-bas refaire sa vie, que depuis plusieurs années déjà je n'ai plus eu de nouvelles, et que j'aimerais caresser l'espoir fou de la revoir ... et de la revoir heureuse.

Voilà. Déjà, la pré-sélection a été restreinte à trois choix possibles, au terme de discussions enflammées avec moi-même, et là je vous demande votre avis, si même certain(e)s d'entre vous auraient une petite expérience au Québec ou aux Pays-Bas ...